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Un essai à Grignon-AgroParisTech démontre les bienfaits du TMA

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La minéralisation du troupeau laitier de la ferme expérimentale Grignon-AgroParisTech a eu un effet significatif sur la productivité des animaux mais aussi sur la qualité de leur production et leur état sanitaire.

Après un premier essai positif en 2010 sur les rejets de méthane entérique des vaches laitières consommant du minéral TMA, un nouvel essai a été lancé en 2018 sur le troupeau de la ferme expérimentale de Grignon-AgroParisTech. Le but de cette nouvelle expérimentation était de mesurer l’effet du minéral TMA sur la qualité de la production et la santé des vaches laitières.

Dans le troupeau de 165 productrices, deux lots de 52 vaches sont mis en place durant 13 semaines. Les rations sont strictement identiques dans chaque lot. Seuls les apports en minéraux diffèrent :

TémoinTMCE
Minéral0,25 kg (Ca, P, Se, Vit, …)0,4 kg TMA + libre-service
Bicarbonate0,15 kg0 kg
Craie0,04 kg0 kg
Apports de minéraux durant l’essai

Une augmentation de la production laitière

Les équipes de la ferme expérimentale ont observé que la production laitière pour le lot TMA est en moyenne supérieure de +0,7 kg de lait brut par VL/j. La synthèse journalière de matières grasses est équivalente dans les 2 lots. Par contre, la synthèse journalière de matières protéiques a sensiblement augmenté dans le lot TMA (+22 g/jour).

Dès le début de l’essai, l’apport de TMA modifie la répartition des différents acides gras du lait. Les acides gras saturés diminuent, notamment l’acide palmitique, au profit des acides gras polyinsaturés. En effet, la consommation de TMA semble favoriser la synthèse d’acides gras à partir de la ration, plutôt qu’à partir des réserves corporelles de l’animal.

Une production de corps cétoniques inférieure de 20%

Ainsi, l’état corporel des animaux est meilleur et la production de corps cétoniques est inférieure de près de 20% dans le lot TMA. Les réserves corporelles sont moins mobilisées. Les conséquences sur la santé des vaches, notamment des laitières hautement productrices, sont nombreuses. La moindre production de corps cétoniques diminue les problèmes métaboliques et préserve le foie. Avec le TMA, la fécondité et la fertilité des animaux sont logiquement améliorées et les indicateurs le prouvent :

Nbre IA/VL fécondéeNbre IA/VL non fécondée% IA gestante% de vaches sans IAÉvolution du nombre de gestantes
Témoin1,671,9344%22%+16
TMA1,471,6452%15%+23
Évolution des paramètres de la fertilité

L’anoestrus (ou l’absence de chaleur) est fortement diminué et le taux de réussite aux IA est meilleur. Il en résulte un nombre de vaches gestantes à la fin de la période d’observation nettement supérieur à celui du témoin. La sélection génétique peut alors se faire par choix, et non par défaut. C’est un gain économique majeur à moyen et long terme sur l’ensemble du troupeau.

Les conclusions de l’étude d’AgroParisTech

Le TMA a permis :

  • De maintenir l’efficacité alimentaire par une hausse de la production de lait
  • De modifier les productions d’AGV dans le rumen :
    • Une synthèse journalière de MG équivalente (+3g) mais une hausse de la MP significative (+22g)
    • Une modification positive du profil des acides gras du lait liée à une baisse des acides gras saturés (notamment le C16:0)
  • Une moindre mobilisation des réserves corporelles
  • Une amélioration notable de la fertilité et de la fécondité.
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