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« Les vaches taries sont la clé d’un élevage sain et productif »

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Benjamin, son frère, Maxime et leurs parents, Nathalie et Philippe Renaud, éleveurs laitiers en Ille-et-Vilaine, ne laissent rien au hasard. Dès la naissance, le soin des animaux est réfléchi pour qu’ils soient productifs tout au long de leur vie.

 « Notre technicien TMCE nous a proposé de comparer un minéral spécial vache tarie à BACA négative avec le TMA que nous utilisons depuis 6 ans. Nous avons fait l’expérimentation du 1er août au 1er décembre 2023. Nous voulions vérifier qu’il était possible d’avoir des colostrums de qualité sans acidifier le sang des vaches », explique Benjamin Renaud, l’un des associés du GAEC de la Pilais à Bains-sur-Oust (35).

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Benjamin, son frère, Maxime et leurs parents, Nathalie et Philippe Renaud et Bertrand, leur technicien TMCE.

Les résultats parlent d’eux-mêmes : le pourcentage de vaches avec des colostrums de qualité bonne à très bonne était supérieur de 27 points dans le groupe de taries qui avaient été complémentées en TMA et TML.

« Notre objectif est d’avoir un colostrum de qualité pour le veau et un démarrage en lait rapide de la mère. Le tarissement a lieu pendant 45 à 50 jours. Durant la première phase, les taries ont une ration à base de maïs, de soja, de paille et 300 g de TMA. La dernière semaine, elles reçoivent en plus de cette ration, 500 g d’orge et 50 cc de TML », détaille l’éleveur.

La ration des taries ne dépasse jamais les 6 kg MS de maïs pour maintenir une capacité d’ingestion maximum. « Il faut avoir une bonne paille en revanche », précise Benjamin. Après le vêlage, les fraîches vêlées boivent 1 L de TML et 200 g de réhydratant pour veaux dans 30 L d’eau.

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Limiter les intrants pour garantir une bonne marge

Benjamin, Maxime, son frère et Nathalie et Philippe Renaud, leurs parents, sont très rigoureux :

« Etant aussi naisseurs-engraisseurs, nous nous inspirons de la technicité en porc. Nous pesons tout et adaptons la ration selon la qualité de nos fourrages. Toutes les bêtes doivent être productives. Dans ce sens, nous portons beaucoup d’attention au suivi repro et avons travaillé à diminuer l’âge au premier vêlage. »

Aujourd’hui, il est de 25 mois en moyenne dans le troupeau. L’objectif est que les veaux atteignent le poids de 200 kg à 6 mois. Pour cela, les génisses doivent consommer 2 kg d’aliment au sevrage puis 4 kg à partir de 3,5-4 mois d’âge. Le TMA est incorporé à la ration dès la fin de la phase lactée et durant toute la vie de l’animal.

Depuis 10 ans, l’élevage favorise les matières premières dans ses rations.

« Nous essayons de travailler sur l’autonomie alimentaire de la ferme, en achetant le moins possible d’aliments transformés et en produisant des fourrages et des méteils de qualité pour mieux les valoriser », souligne Benjamin.

Ainsi, dans les 2 robots de traite, installés en 2019, la VL est fermière et à base de soja et d’orge. Le niveau de complémentation au robot est plafonné à 2,5 kg en soja et 2,2 kg en orge. Cette quantité modérée permet de limiter la quantité totale de concentrés à 186 g/L et ainsi de dégager une marge sur le coût alimentaire à un très bon niveau de près de 11 €/VL/jour.

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« Nous travaillons en préventif »

En moyenne, les vaches du troupeau produisent 40 kg/VL de lait. Même avec un niveau de production élevé, l’état sanitaire du troupeau reste préservé. Il y a très peu de mammites et le taux de réforme est maîtrisé à un niveau qui satisfait les éleveurs (30,8 %). Le troupeau ne présente pas de signe d’acidose. Ainsi, seulement 2 parages ont été réalisés en 2023 (15 vaches/parage).

« Nous travaillons en préventif pour maintenir la productivité et limiter les réformes. Le vétérinaire passe 2 ou 3 fois par an. En 2023, nos frais vétérinaires par 1000 litres s’élevaient à 5,72 € », appuie Benjamin.

« Toutes les actions que nous avons mises en place ont pour objectif de maintenir la productivité des animaux et la marge de l’élevage. Nous voulons faire du lait et pouvoir continuer à investir pour améliorer les conditions de travail, en automatisant le paillage ou l’alimentation par exemple », indique l’éleveur. Les associés ont investi dans la construction d’une unité de méthanisation qui devrait voir le jour en 2025. Des projets qui ont été permis par la sérénité des associés dans leur élevage.

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