Il y a 30 ans, Olivier et Didier Bogenez, frères et associés en Moselle, ont essayé le TMS sur 10 ha. Aujourd’hui, l’ensemble de leur exploitation de grandes cultures est en fertilisation TMCE. Olivier considère que le concept TMCE n’a pas seulement fait évoluer la qualité de leurs sols mais aussi leurs pratiques agronomiques.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de continuer à travailler avec TMCE durant 30 ans ?
Olivier Bogenez : Au fil des années, de nombreux éléments sont venus nous conforter dans notre choix d’appliquer le concept TMCE. Nos analyses de sol montrent que les paramètres de fertilité se maintiennent. Nous avons même « amélioré » le pH de nos sols acides. Quand le printemps est humide, nous voyons que le ressuyage des parcelles est plus rapide, les sols sont moins battants. On voit d’ailleurs l’impact d’une bonne structure sur les cultures. En juillet 2021, nous avons eu de très fortes chaleurs. Chez nos voisins, les maïs frisaient alors qu’ils sont restés verts chez nous ! Je crois à l’effet du concept TMCE : nos sols sont en meilleur état et nos rendements sont bons. Pourquoi vouloir faire autrement ?
Avez-vous des souvenirs marquants de votre expérience avec TMCE ?
O.B. : En 2005, nous avons accueilli une plateforme agronomique TMCE. Christian Roisin du Cra-W de Gembloux est venu faire des profils comparatifs et des mesures pénétrométriques. Il a confirmé l’impression que nous avions : la structure du sol est plus aérée en fertilisation TMCE. Nous avions 2 à 3 cm de hauteur de terre de plus par rapport au témoin.

Quels éléments souhaiteriez-vous encore améliorer dans votre manière de travailler ?
O.B. : Nous ne faisons plus de T1 et seulement un fongicide à l’épiaison en ½ dose mais j’aimerai pouvoir me passer des fongicides tous les ans, comme nous avons pu le faire en 2021. Pour y arriver, nous avons actionné plusieurs leviers : tout d’abord, nous choisissons des variétés de céréales en fonction de leur résistance aux maladies, même si le rendement est un peu moindre. Nous avons fait évoluer notre rotation pour qu’elle soit plus longue que les rotations habituelles blé-orge-colza du secteur. Tous les traitements à l’épiaison et le désherbage en maïs sont accompagnés de TMF pour déstresser la plante. Récemment, un essai en colza nous a vraiment démontré l’intérêt d’accompagner nos traitements avec le TMF : il y avait un écart de 5 quintaux par rapport au témoin sans TMF. Il fonctionne très bien aussi en maïs et pois. Nous l’utilisons aussi en enrobage de semences en céréales et en colza pour favoriser un bon démarrage. Aujourd’hui, je considère que l’on se pénalise si nous n’utilisons pas le TMF.